AI Act et droit d'auteur : où en est l'Europe en 2026 (et pourquoi tout le monde regarde)
L'AI Act, première grande loi mondiale sur l'intelligence artificielle, impose depuis août 2025 aux fabricants de gros modèles (comme ChatGPT ou Claude) de respecter le droit d'auteur et de publier un résumé de leurs données d'entraînement. En 2026, l'Europe a déjà retouché son calendrier (le « Digital Omnibus ») pendant qu'aux États-Unis les premiers procès tranchent ce que veut dire « entraîner une IA légalement ».
- Mis à jour juin 2026
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Ce qui s'est passé
Deux choses concrètes ont changé. D'abord, depuis le 2 août 2025, les obligations de l'AI Act pour les modèles à usage général (GPAI) sont entrées en application : politique de respect du droit d'auteur obligatoire et publication d'un résumé des données d'entraînement selon un template officiel (publié le 24 juillet 2025), avec un Code de bonnes pratiques volontaire (10 juillet 2025) pour guider la mise en conformité ; les sanctions et la vérification par l'AI Office démarrent le 2 août 2026. Ensuite, le 7 mai 2026, l'UE a trouvé un accord politique sur le « Digital Omnibus », première révision de l'AI Act depuis son adoption en 2024 : il repousse plusieurs obligations à haut risque (systèmes Annexe III d'août 2026 à décembre 2027 ; Annexe I d'août 2027 à août 2028) et ajoute de nouvelles interdictions, notamment les deepfakes intimes non consentis et les contenus pédocriminels (CSAM), applicables au 2 décembre 2026. En toile de fond, les premiers grands jugements américains (Bartz v. Anthropic, juin 2025, suivi d'un règlement de 1,5 milliard de dollars annoncé en septembre 2025 ; Getty v. Stability AI au Royaume-Uni, novembre 2025) dessinent une ligne : entraîner sur du contenu acquis légalement peut passer, pirater non.
Ce que ça change concrètement
- Transparence imposée : les fabricants de grands modèles doivent désormais documenter publiquement ce avec quoi ils entraînent leurs IA, ce qui était jusque-là une boîte noire.
- Calendrier mouvant : le « Digital Omnibus » (accord politique du 7 mai 2026) reporte plusieurs obligations à haut risque (Annexe III repoussée d'août 2026 à décembre 2027), preuve que l'Europe ajuste sa loi sous pression de simplification.
- Fracture transatlantique : l'Europe mise sur la transparence et l'opt-out, tandis que les tribunaux américains tranchent au cas par cas via le fair use — un modèle entraîné « légalement » d'un côté de l'Atlantique ne l'est pas automatiquement de l'autre.